Le surpoids chez le cheval : conséquences, risques et moyens d’y remédier

Il y a déjà quelques mois nous nous étions penchés sur la question du surpoids dans l’équitation et spécifiquement celui du cavalier. Aujourd’hui, nous allons nous orienter du côté de l’animal car les conséquences sur ce dernier peuvent être tragiques. Nous avons pris appui de nombreux articles et recherches vétérinaires dont les sources seront disponibles en fin d’article. Bonne lecture !

Comment savoir si mon cheval est en surpoids ?

Il est nécessaire de suivre régulièrement le poids du cheval dès son plus jeune âge afin de prévenir l’apparition de certaines pathologies. En premier lieu, nous allons nous orienter sur le poids en lui-même puis nous nous pencherons sur l’aspect visuel du surpoids.

La meilleure des solutions est d’avoir une bascule afin de peser son cheval dans les meilleures conditions. Il peut également être intéressant de tracer une courbe évolutive du poids du cheval afin d’observer dans le temps les variations inquiétantes possibles. Si vous ne disposez pas d’un moyen efficace de mesure du poids de votre cheval, quelques solutions existent en prenant en compte le périmètre thoracique, la hauteur du garrot et la catégorie de l’équidé.

L’INRA a publié en 1997 une méthode d’évaluation permettant de noter l’état corporel du cheval et s’articulant sur une notation allant de 0 à 5 (0= squelettique / 5= obèse). Notons que l’obésité correspond à un excès de poids supérieur à 15% du poids idéal.

Par ailleurs, il est également possible de noter visuellement le surpoids d’un cheval. En effet, ce dernier sera caractérisé par un excès de masse graisseuse à des endroits stratégiques du corps du cheval. Cependant, il est important de noter quelques précisions ; en effet un cheval nourri essentiellement de fourrage pourra présenter un abdomen davantage distendu par rapport à un cheval de sport nourrit au grain et musclé : cela peut ainsi donner une fausse impression de ventre gras. Il est donc conseillé de se référer à des méthodes plus fiables comme celles vues précédemment !

Le chignon, l’arrière de l’épaule, le garrot, les côtes et l’attache de la queue sont des indicateurs visuels utiles pour repérer un surpoids.
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Bien entendu, le poids seul n’est pas un indicateur de bonne santé du cheval ! Il est important de distinguer le cheval dit « lourd » mais musclé du cheval juste gras, sans réel muscle. L’aspect visuel vient ici jouer le rôle de balance qui permettra de s’inquiéter (ou non) de l’état physique du cheval.

Pourquoi le cheval est-il en surpoids ?

Si beaucoup de cavaliers ont des difficultés à faire grossir leurs montures âgées durant les périodes hivernales, beaucoup d’autres ne comprennent pas pourquoi leur cheval possèdent un ventre de baleine tout au long de l’année ! Bien sûr, d’autres pathologies (à l’instar de fourbure régulière et de syndrome métabolique) peuvent être à l’origine de ce surpoids mais on peut facilement le lier à :

  • Une alimentation trop importante : à l’état naturel, se nourrit environ 16h/jour uniquement d’herbe en parcourant de grandes distances. Or l’alimentation en pension diffère grandement de cet environnement : les quantités sont trop importantes et les aliments trop riches. Prenons l’exemple des pâtures, qui ne sont plus naturelles : les nombreuses transformations provoquées par la volonté d’un plus grande rentabilité chez les bovins ont entrainé une herbe trop riche, qui n’est plus adapté aux équidés. Cela se remarque notamment aux premiers retours printaniers en pâture où les chevaux sont sujet à de fourbures importantes.
  • Le manque d’exercice est également un facteur qui influe sur la prise de poids chez le cheval. La nature du cheval à l’état sauvage le fait marquer plusieurs kilomètres par jour pour s’alimenter et fuir des prédateurs or la condition actuelle de nombreux équidés (en box) réduit grandement les dépenses physiques de ces derniers.
  • Enfin, des prédispositions génétiques expliquent pourquoi un certain cheval grossit plus qu’un autre dans les mêmes conditions alimentaires et d’activité physique.

Nous avons donc vu que certains facteurs favorisent grandement la prise de poids chez l’équidé. Mais quelle influence le poids aura-t-il sur la santé de votre cheval ?

Les risques du surpoids chez l’équidé :

Outre les difficultés à se déplacer, l’équidé risque de nombreuses complications du côté de la santé :

  • Une augmentation du risque de fourbure
  • Un risque de maladies orthopédiques irréversibles notamment liées aux fourbures
  • Une augmentation des cas d’arthrose et de troubles articulaires
  • Une difficulté à réguler la température interne du corps (risque de coup de sang/ coup de chaleur)
  • Une fragilisation de l’organisme (problèmes respiratoires, dépôts graisseux autour des organes vitaux, risques de coliques,…)
  • Problème de fertilité (difficulté à porter un fœtus et à pouliner)

Comme nous l’avons vu, les risques sont donc très importants et peuvent rapidement dégrader la condition physique de votre compagnon à quatre pattes. Mais comment y remédier ?

Prévenir et guérir :

Malgré la connaissance des facteurs pouvant intervenir dans la prise de poids il est souvent difficile de parvenir à découvrir l’origine du surpoids sans l’avis d’un professionnel. Il est alors conseillé de contacter un vétérinaire qui permettra de vous donner les clés vers le retour d’un cheval à la ligne parfaite ! Mais globalement, voici ce qui pourrait ressortir :

  • Changer le régime alimentaire :

Avant tout, il est important de ne pas procéder à un changement d’alimentation brutal. Ce changement soudain pourrait influencer la flore intestinale du cheval et donc engendrer des diarrhées, coliques, fourbures…. Tout l’inverse de ce que l’on recherche. Seul un vétérinaire pourra établir un rééquilibrage étalé dans le temps afin que le cheval se familiarise progressivement avec sa nouvelle alimentation.

  • L’activité physique :

Cette dernière doit encore une fois être progressive. Il est notamment conseillé d’aménager des parcelles de paddock spécifiques avec une herbe pauvre. Le mode de vie en paddock paradise peut aussi être intéressant afin de stimuler l’activité physique spontanée du cheval afin de s’alimenter, s’hydrater et se mettre à l’abris.

L’amaigrissement du cheval doit être progressif, afin d’éviter une hyperlipémie et une lipidose hépatique (ou dysfonctionnement du foie par surcharge graisseuse).

Vous l’aurez donc compris, le surpoids chez le cheval n’est pas une mince affaire (très bon jeu de mot n’est-ce pas ?) et il peut nettement influencer sur l’état physique de l’équidé. Le maintien d’une bonne santé devra donc passer par une alimentation régulée en fonction des besoins du cheval ainsi qu’avec une activité physique raisonnable qui tend à se rapprocher du quotidien de vie primaire du cheval. N’hésitez-pas à noter régulièrement l’évolution du poids de votre cheval afin de prévenir l’apparition de complications et au moindre doute contactez un spécialiste qui saura adapter les besoins de votre compagnon !

Sources :

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